Des violences faites aux personnes âgées

D’un côté, un grand nombre d’actes bienveillants prodigués par des soignants et aidants montrent des qualités d’accueil , d’écoute, de dévouement , autant de gestes , de paroles, de regards qui manifestent l’amour, le don, l’humanité, l’empathie, la responsabilité et sont passés sous silence.

D’un autre côté, des affaires spectaculairement scandaleuses de sévices, violences, pouvant conduire au décès, commises par de soi-disants « soignants » sont régulièrement révélées par les médias.

Nous nous intéresserons davantage à la face cachée de l’iceberg « maltraitance », à la maltraitance  « ordinaire », active ou passive, si ordinaire, si routinière, si banalisée qu’elle deviendrait presque une normalité, acceptée comme telle même par les victimes tant elle parvient à « ne choquer personne, n’être l’objet d’aucune plainte malgré sa gravité éventuelle » (Moulias )

Cette maltraitance est soutenue par la représentation si négative qui est faite de la vieillesse et la dévalorisation si profonde des activités liées au soutien du grand âge.

Que ce soit au domicile, au sein des familles, ou dans le cadre des établissements, la maltraitance est cachée et les victimes se taisent par crainte des représailles et du pire. Elle prend différentes formes, augmente avec l’âge et la vulnérabilité de la personne et touche jusqu’à un tiers des personnes de plus de 85 ans, pouvant conduire à leur décès.

La maltraitance n’est pas fortuite, mais le fait d’individus fragiles, malades, surmenés, perturbés psychologiquement, incompétents, drogués, jaloux, violents, agressifs dont la plupart n’auraient pas leur place dans ce secteur d’activité de relation d’aide qui nécessite tant de qualités techniques et humaines pour prendre soin des corps mais aussi des personnes qui les habitent. La pénurie de personnel, comme le manque de formation ne peuvent exempter les personnels de leur responsabilité.

Le laisser-faire des institutions qui, se camouflent derrière les chartes affichées dont elles ne respectent pas les exigences éthiques, la maltraitance imposée aussi au personnel, ne peuvent que rejaillir de façon délétère sur les usagers alors que les établissements privilégient la rentabilité financière au détriment de la qualité et de la suffisance du personnel et de l’encadrement.

Mais ils ne font qui suivre la vision de notre société banalisant l’âgisme présentant le vieillissement comme un fléau et les personnes âgées comme des charges inutiles, qui ne servent à rien et coûtent fort cher…

L’Etat, dont les timides discours ne délivrent que des promesses qui ne sont jamais suivies d’effets concrets, procrastinant d’année en année, reste le plus grand des maltraitants. La maltraitance législative, la politique médico-sociale organisent la maltraitance par l’insuffisance reconnue des moyens humains et financiers.

Agissons-nous envers les Anciens comme nous aimerions que l’on agisse envers nous ? Nous sommes tous, peu ou prou , maltraitants sachant que la bientraitance ne peut jamais être un acquis mais restera toujours un objectif à atteindre.

« La pire des maltraitances est de croire qu’on est bienveillant » Hannah Arendt

Cet article est extrait du livre de Jean Jacques Perrut, Les Maltraitants les violences faites aux personnes âgées
ISBN: 979-10-359-1817-0

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